Discerner les choses les meilleures : choisir l’excellent (1/2)

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Peut-on être sincère, aimer Dieu et pourtant passer à côté de ce qui compte vraiment ? Une prière de Paul nous apprend à ne pas seulement choisir le bien mais à reconnaître l’excellent.

« Et ce que je demande dans mes prières, c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures. » — Philippiens 1.9-10

Bible ouverte dans une atmosphère lumineuse, invitation à approfondir la sagesse de Dieu

Un amour qui apprend à voir juste

La première demande de Paul n’est pas : « Donne-leur plus de capacités pour juger. » Elle est : « Que leur amour augmente. » Quel étonnant point de départ ! Pour lui, le discernement chrétien n’est pas une froide technique de décision. Il naît d’un amour qui grandit dans la connaissance et dans l’intelligence spirituelle. Sans amour, le jugement devient facilement sévère. Sans connaissance, l’amour risque de se laisser conduire par des impressions trompeuses.

Louis Bonnet souligne que l’amour a besoin d’être éclairé « de la lumière d’en haut ». Une bonne intention ne garantit pas toujours une bonne décision. L’amour du Christ doit aussi apprendre à voir la réalité avec justesse.

Connaissance et finesse de perception

Paul emploie le mot grec epignōsis : une connaissance approfondie et véritable. Il ne suffit pas d’accumuler des informations bibliques ; connaître Dieu façonne progressivement nos choix. Le second mot, aisthēsis, évoque la perception et le jugement moral. Richard Melick y reconnaît cette capacité d’apprécier les situations concrètes avec justesse.

Parfois l’amour nous pousse à parler. D’autres fois il nous invite à écouter. Il peut nous conduire à donner généreusement ou à poser une limite nécessaire. La bonne réponse n’est pas toujours identique : voilà pourquoi notre sensibilité doit être formée par la Parole.

Éprouver ce qui est excellent

L’expression grecque dokimazein ta diapheronta est particulièrement forte. Dokimazō signifie examiner, éprouver pour reconnaître ce qui mérite d’être approuvé. Diapheronta désigne les choses qui diffèrent ou se distinguent par leur valeur. Paul nous invite donc à discerner non seulement le bien et le mal mais parfois, au milieu de plusieurs possibilités légitimes, ce qui est meilleur.

En Romains 12.2, le même verbe est lié à l’intelligence renouvelée qui reconnaît la volonté de Dieu. En 1 Thessaloniciens 5.21, Paul appelle à examiner toutes choses et à retenir ce qui est bon. Ce n’est ni la crédulité ni la suspicion systématique : c’est une appréciation éclairée.

La question n’est donc pas seulement : « Est-ce permis ? » mais aussi : « Est-ce vraiment précieux, profitable et fidèle à la volonté de Dieu ? »

Quand le bon fait écran à l’excellent

Paul lui-même illustre ce renversement dans Philippiens 3.7-8. Ses privilèges autrefois considérés comme des gains deviennent secondaires devant l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ. Ce n’est pas que tout ce qui précédait était mauvais : c’est que la valeur incomparable du Christ changeait l’échelle de ses priorités.

Une activité peut être bonne sans être opportune aujourd’hui. Une parole peut être vraie sans être édifiante à cet instant. Une occasion de servir peut être généreuse mais faire négliger une responsabilité déjà confiée. Le discernement nous apprend à ne pas confondre l’accumulation de bonnes choses avec la fidélité.

Une vie qui porte du fruit

Dans la suite de sa prière, Paul désire que les Philippiens soient purs et irréprochables, remplis du fruit de justice qui vient par Jésus-Christ (Philippiens 1.10-11). L’objectif ne se limite donc pas à prendre de meilleures décisions. Il s’agit de devenir des hommes et des femmes dont l’amour, les motivations et les actes rendent gloire à Dieu.

Apprendre à discerner l’excellent, c’est apprendre à estimer ce que Dieu estime précieux. Et cette transformation ne se fabrique pas par nos seules forces : Paul la demande dans la prière.

Dans le deuxième volet : comment exercer ce discernement dans nos journées sans tomber dans le perfectionnisme ni l’angoisse de manquer la volonté de Dieu ?

Sources et références bibliques

Louis Bonnet, Notes de la Bible annotée, Philippiens 1.9-10 ; Richard R. Melick, Philippians, Colossians, Philemon, New American Commentary, vol. 32, 1991 ; Philippiens 1.9-11 ; Romains 12.2 ; 1 Thessaloniciens 5.21 ; Hébreux 5.14.

Signature de Laurent Joly, Spirit Cookie

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