Ces dernières semaines, un slogan résonne dans les rues, les réseaux sociaux et les débats publics : « from the river to the sea », autrement dit « du fleuve à la mer ». Il est brandi comme un cri de justice pour certains mais il est aussi reçu comme une menace d’effacement pour d’autres — notamment pour le peuple juif, dont l’histoire est profondément marquée par les exils, les persécutions et les appels à sa disparition.
Mais au lieu d’entrer dans un débat de slogans, je voudrais te proposer un contrepied inspiré d’un verset biblique souvent oublié, et pourtant lumineux :
« Elle étendit ses sarments jusqu’à la mer et ses pousses jusqu’au fleuve. »
— Psaume 80.12 (BFC97)
Une vigne plantée par Dieu
Dans ce psaume, Israël est comparé à une vigne que Dieu a sortie d’Égypte, qu’Il a plantée dans une terre préparée avec soin. Cette vigne a grandi sous la bénédiction de Dieu, et ses branches se sont étendues « jusqu’à la mer » (la Méditerranée) et « jusqu’au fleuve » (le Jourdain ou peut-être l’Euphrate). Il ne s’agit pas ici d’un projet politique ou militaire, mais d’une image de bénédiction, de croissance spirituelle et de fécondité divine.
Le psaume ne revendique pas un territoire au nom de la haine, mais rappelle que l’expansion de cette vigne est l’œuvre du Seigneur, signe de sa fidélité envers son peuple.
Une parole de bénédiction, pas d’exclusion
Quand certains scandent « du fleuve à la mer », c’est parfois avec une intention d’effacer Israël de la carte. Mais le Psaume 80 offre une autre perspective : celle d’un peuple planté par Dieu, invité à porter du fruit, à répandre la justice, la paix, la connaissance de Dieu. C’est un appel à la vocation, non à l’exclusion.
Et dans cette vigne, un jour, un sarment s’est levé : Jésus, le Messie promis, rejeton de la souche d’Isaï. En lui, la bénédiction d’Israël devait toucher toutes les nations.
Le Prince de paix au cœur de la vigne
Jésus, fils d’Israël, n’est pas venu pour faire disparaître un peuple, mais pour rassembler. Il pleure sur Jérusalem, et il enseigne que ceux qui travaillent à la paix seront appelés fils de Dieu (Matthieu 5.9). Il se présente comme la vraie vigne (Jean 15.1), et nous invite à demeurer en lui pour porter du fruit.
Plutôt que de relayer des slogans chargés de haine ou d’ambiguïté, pourquoi ne pas proclamer une bénédiction prophétique, issue de l’Écriture elle-même ?
« Elle étendit ses sarments jusqu’à la mer et ses pousses jusqu’au fleuve. »
Oui, nous pouvons bénir Israël, prier pour sa paix, tout en aimant aussi le peuple palestinien. Le Dieu d’Abraham aime tous les peuples. Mais la haine n’est jamais un fruit de la vigne de Dieu.
Un appel à la prière
Je t’invite à prier aujourd’hui pour la paix de Jérusalem, pour les peuples de cette région, pour que les voix prophétiques l’emportent sur les cris de vengeance.
« Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux qui t’aiment jouissent du repos ! »
— Psaume 122.6
Je prie pour vous,
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