J’ai interviewé Ponce Pilate

Il savait que Jésus était innocent. Pourquoi l’a-t-il quand même livré à la crucifixion ?

Et si nous pouvions rencontrer l’homme qui a prononcé la condamnation de Jésus ? Cette interview est fictive. Les réponses prêtées à Pilate restent volontairement limitées à ce que les Évangiles et les données historiques permettent raisonnablement de soutenir.

Journaliste : Gouverneur Pilate, près de deux mille ans après les faits, votre nom reste attaché à la condamnation de Jésus de Nazareth. Aviez-vous réellement quelque chose contre cet homme ?

Pilate : Non. Je l’ai interrogé et je l’ai dit publiquement : « Je ne trouve aucun crime en lui. » Je ne voyais pas en Jésus un insurgé représentant une menace pour Rome.

Journaliste : Pourtant, on vous l’avait présenté comme un roi. Pour un gouverneur romain, cela devait être grave.

Pilate : C’était précisément la question que je devais éclaircir. Je lui ai demandé : « Es-tu le roi des Juifs ? » Il ne niait pas sa royauté mais il me parla d’un royaume qui n’était pas de ce monde. Il ajouta que si son royaume avait été de ce monde, ses serviteurs auraient combattu pour empêcher son arrestation. Je n’avais donc pas devant moi le chef d’une insurrection armée.

Journaliste : Jésus vous a également parlé de vérité.

Pilate : Il m’a dit qu’il était venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité et que quiconque était de la vérité écoutait sa voix.

Journaliste : Et vous lui avez répondu : « Qu’est-ce que la vérité ? »

Pilate : C’est ce que j’ai dit.

Journaliste : Était-ce du scepticisme ? De l’ironie ? Une véritable question ?

Pilate : Vous me demandez de vous expliquer ce que le rapport de Jean ne vous dit pas.

Journaliste : Bien répondu ! Restons-en donc aux faits. Après cet entretien, vous sortez et déclarez Jésus innocent. Pourquoi ne l’avez-vous simplement pas libéré ?

Pilate : C’est précisément là que l’affaire s’est compliquée.

Journaliste : Vous avez pourtant essayé.

Pilate : J’ai proposé de libérer un prisonnier selon la coutume de la fête. J’ai présenté le choix entre Jésus et Barabbas. Ils ont réclamé Barabbas.

Journaliste : Ensuite vous avez fait flageller Jésus. Comment peut-on faire flageller un homme que l’on vient de déclarer innocent ?

Pilate : Je ne vais pas transformer cette décision en acte de justice. Elle ne l’était pas. Je cherchais une issue à une situation politique devenue difficile. Et pour être sincère, la crainte est venue.

Journaliste : Jean raconte effectivement que vous avez encore présenté Jésus à la foule et déclaré : « Voici l’homme ! » Puis vous avez répété que vous ne trouviez aucun crime en lui.

Pilate : Oui. C’est exact.

Journaliste : Alors pourquoi avez-vous finalement cédé ?

Pilate : Parce que l’accusation a changé de niveau. On m’a dit : « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César. » Ma loyauté envers mon Empereur ne devait pas être remise en question ni même être soupçonnée.

Journaliste : Vous avez eu peur pour votre fonction ?

Pilate : Un gouverneur romain ne pouvait pas prendre à la légère une accusation de déloyauté envers César. Vous le savez bien.

Journaliste : Autrement dit, entre la justice rendue à un innocent et votre propre sécurité politique, vous avez choisi votre position.

Pilate : Je l’ai finalement livré pour être crucifié. Cela me semblait la position qu’il fallait soutenir.

Journaliste : Jésus vous avait pourtant dit quelque chose d’étonnant : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. »

Pilate : Oui. Cette phrase me montrait qu’il pensait que Dieu restait en position de gouvernance. Pourtant c’était bien moi qui était en capacité de prendre une décision.

Journaliste : Cette parole vous a-t-elle troublé ?

Pilate : Le rapport de Jean dit qu’après cela j’ai cherché à le relâcher. Je n’en dirai pas davantage.

Journaliste : Parlons maintenant de l’écriteau que vous avez fait placer sur la croix : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » Pourquoi cette formulation ?

Pilate : C’était l’accusation portée contre lui.

Journaliste : Mais les chefs religieux vous ont demandé de corriger : « N’écris pas : Roi des Juifs. Mais qu’il a dit : Je suis roi des Juifs. » Et cette fois vous avez refusé.

Pilate : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit.

Journaliste : Voilà une phrase qui vous ressemble davantage ! Était-ce votre manière de leur dire qu’ils vous avaient suffisamment imposé leur volonté ?

Pilate : Je vois où vous voulez en venir pour savoir si à ce moment-là j’était prêt à croire en ce qui était écrit sur cette croix. Ce n’était pas une confession de foi.

Journaliste : Pourtant, il y a quelque chose d’extraordinaire. Vous avez fait écrire cette inscription en plusieurs langues. Des hommes pouvaient lire : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » Vous qui aviez cédé sur sa condamnation, vous n’avez pas cédé sur son titre.

Pilate : L’ironie appartient peut-être davantage à votre évangéliste qu’à moi.

Journaliste : Plus tard, Joseph d’Arimathée est venu vous demander le corps de Jésus et vous l’avez autorisé à l’emporter.

Pilate : Oui. Je lui ai accordé le corps.

Journaliste : Était-ce par respect pour Jésus ?

Pilate : Là encore, vous voulez savoir ce que les textes ne disent pas. L’autorisation a été donnée. Mes motivations ne vous sont pas rapportées.

Journaliste : Une dernière question, Gouverneur. Vous aviez devant vous un homme dont vous aviez reconnu l’innocence. Vous aviez l’autorité de le libérer. Vous avez essayé de le faire puis lorsque votre position a été menacée, vous l’avez livré. Avec le recul, avez-vous rendu justice ce jour-là ?

Pilate : J’avais déclaré cet homme innocent. Et pourtant je l’ai livré.

Journaliste : Alors peut-être votre histoire n’est-elle pas seulement celle d’un mauvais juge. Elle est celle d’un homme qui avait discerné ce qui était juste mais qui n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de ce qu’il savait être juste.

Pilate : À vous d’en juger.

Journaliste : Je terminerai donc avec votre propre question. Gouverneur Pilate : qu’est-ce que la vérité ?

Silence.

Sous les étoiles, je cherche

Un conte finaliste du Tim’s Event de l’Ecole Chrétienne Timothée

Une histoire courte et profonde, portée par la voix de Talia, une jeune fille en quête de sens… et de Dieu.

Une quête sous les étoiles

Talia a 10 ans. Chaque soir, quand la maison s’apaise, elle sort s’asseoir sur un rocher au bord du bush. Elle lève les yeux vers le ciel, vers les étoiles, vers quelque chose d’invisible.
Une question grandit dans son cœur :

« Pourquoi je suis là ? Est-ce que tout cela a un sens ? »

Ce conte poétique et symbolique suit le cheminement intérieur d’une enfant.
Durant quatre soirs, Tahlia interroge quatre personnes très différentes, à la recherche d’une réponse qui éclaire son cœur.


🎭 Les personnages

  • Mr Dugan, ancien militaire un peu bougon, marqué par ses combats passés
  • Ruby, une mère courage, dont les enfants sont partis… et dont le cœur reste en attente
  • Tahlia, la petite fille en quête de sens, portée par la « rosée de Dieu »
  • Jèdédaïa, un homme doux et lumineux, qui ne donne pas de réponse… mais raconte une histoire.

Son nom signifie « bien-aimé de l’Éternel » : il incarne une figure, humble et vraie. Et si c’était … à vous de deviner.


🎬 Un projet finaliste du Tim’s Event

Ce conte a été créé à l’occasion du concours artistique Tim’s Event, organisé par l’École Chrétienne Timothée.
La voix de Tahlia est interprétée avec tendresse par Elsa, qui a su incarner l’émotion simple et sincère de cette quête.

👉 Découvrir l’École Chrétienne Timothée : https://www.ecoletim.ch



💬 Et toi ?

« Et si c’était toi, cette graine plantée dans la terre rouge… ? »

Laurent, de spirit cookie, @spiritcookie8