Quand Dieu aime les causes… désespérées
Il faut reconnaître que Dieu a parfois un drôle de sens de l’humour.
Il choisit Abraham, un homme de 75 ans, et lui annonce qu’il deviendra le père d’une multitude de nations. Jusque-là, pourquoi pas ? Sauf qu’il y a un détail de taille : Abraham et Sara n’ont toujours pas d’enfant.
Les années passent. Abraham fête ses 80 ans, puis ses 90 ans. Sara vieillit elle aussi. Humainement, la promesse devient de moins en moins crédible. D’ailleurs, lorsque Dieu annonce une nouvelle fois la naissance d’un fils, Sara éclate de rire (Genèse 18.12). Franchement, qui ne réagirait pas ainsi ?
Et pourtant… c’est précisément lorsque tout semble impossible que Dieu agit. Isaac naît. Son prénom signifie d’ailleurs « il rit ». Dieu transforme le rire de l’incrédulité en rire de la joie.
Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Sans doute pour qu’il soit évident que ce miracle ne venait ni d’Abraham ni de Sara mais de Dieu seul.
C’est précisément ce que Paul veut nous faire comprendre dans Romains 4.
La foi avant les performances

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Les premiers chapitres de l’épître aux Romains dressent un constat sans appel : nous sommes tous pécheurs. Puis vient cette extraordinaire nouvelle : Dieu offre gratuitement son pardon en Jésus-Christ.
Mais une question demeure : comment un Dieu parfaitement juste peut-il déclarer juste un pécheur ?
Paul répond en regardant vers Abraham.
Contrairement à ce que beaucoup pensaient, Abraham n’a pas été accepté par Dieu parce qu’il avait accumulé les bonnes œuvres. Il a été déclaré juste parce qu’il a cru Dieu.
La justification est un cadeau. Elle ne récompense pas nos performances. Elle accueille notre confiance.
Quelle libération ! Nous n’avons pas à gagner l’amour de Dieu. Nous avons simplement à le recevoir.
Le plus grand miracle

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Lorsque nous pensons à Abraham, nous retenons souvent la naissance d’Isaac. Pourtant, le plus grand miracle n’est peut-être pas là.
Le véritable miracle est qu’Abraham ait continué à croire pendant vingt-cinq ans.
Il ne voyait aucun changement.
Les circonstances semblaient contredire la promesse.
Pourtant, il choisit de s’appuyer sur la parole de Dieu.
Paul résume cela par une expression magnifique : « Espérant contre toute espérance, il crut » (Romains 4.18).
Voilà ce qu’est la foi biblique. Non pas fermer les yeux sur la réalité mais ouvrir les yeux sur la fidélité de Dieu.
Et nous ?

Il est facile de sourire en imaginant Abraham attendre un enfant à cent ans. Pourtant, son histoire rejoint souvent la nôtre.
Nous aussi, nous attendons.
Une guérison.
Une réconciliation.
La conversion d’un proche.
Une porte qui tarde à s’ouvrir.
Une réponse qui semble ne jamais venir.
Avec le temps, nous sommes tentés de regarder davantage nos difficultés que les promesses de Dieu.
Abraham nous rappelle qu’il existe une autre manière de vivre. Il choisit de regarder non pas à ses limites mais à Celui qui avait parlé.
La foi ne nie pas les obstacles. Elle refuse simplement qu’ils aient le dernier mot.
Une invitation
Y a-t-il aujourd’hui une promesse de Dieu que tu as rangée dans un tiroir ?
Peut-être as-tu cessé de prier. Peut-être penses-tu qu’il est trop tard.
Romains 4 nous rappelle que Dieu n’est jamais prisonnier de notre calendrier. Lorsque tout paraît humainement fermé, Lui reste capable d’ouvrir un chemin.
Abraham n’était pas un homme parfait. Il a connu des doutes, des erreurs et des moments de faiblesse. Pourtant, il a appris à faire confiance à un Dieu parfaitement fidèle.
C’est cette invitation que Romains 4 nous adresse aujourd’hui : quitter une foi fondée sur nos capacités pour nous appuyer sur la grâce de Dieu.
Le Dieu d’Abraham n’a pas changé.
Et il transforme encore aujourd’hui les rires du scepticisme en chants de reconnaissance.
« Il fut pleinement convaincu de ceci : ce que Dieu promet, il peut aussi l’accomplir. » (Romains 4.21)
